Carte de résident _ Annulation du refus : ressources stables et suffisantes et hébergement à titre gracieux
4. D’autre part, Mme produit au débat ses déclarations de revenus pour les années 2018 à 2023, ainsi que ses certificats de travail, dont il ressort qu’elle a été employée de manière continue par le même employeur du 15 mars 2021 au 31 mars 2024 à temps plein, à l’exception de la période du 1er juin au 31 août 2021 durant laquelle elle a exercé son activité à 80 %. Elle verse également à l’instance un contrat de travail à durée indéterminée, à temps plein, conclu avec le même employeur et effectif à compter du 1er avril 2024. Il résulte de l’ensemble de ces pièces que, pour les périodes d’emploi à temps plein, Mme a perçu une rémunération mensuelle au moins égale au salaire minimum de croissance (SMIC). Si, pour la période à temps partiel de trois mois, l’intéressée a perçu une rémunération inférieure au SMIC, il n’est pas contesté, ainsi qu’en atteste une déclaration sur l’honneur établie par sa mère, qu’elle est hébergée à titre gracieux. Il y a lieu, dans ces conditions, de tenir compte de cette modalité d’hébergement pour apprécier le caractère suffisant de ses ressources, dès lors qu’elle n’a pas eu à assumer de charges de logement au cours de cette période. Par ailleurs, les pièces produites au dossier établissent que Mme exerce une activité professionnelle de manière régulière depuis l’année 2011. Dans ces conditions, cette dernière doit être regardée comme justifiant, à la date de la décision attaquée, de ressources stables, régulières et suffisantes. Elle est, dès lors, fondée à soutenir qu’elle remplissait, à cette date, l’ensemble des conditions pour bénéficier d’une carte de résident. Par suite, le préfet du Doubs a commis une erreur d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 426–17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que des stipulations de l’article 12 de l’accord franco-camerounais du 24 janvier 1994, en refusant de lui délivrer une telle carte (TA BESANCON n°2401853 du 13 janvier 2026).
