Arrêté d’expulsion _ Référé _ suspension _ Urgence et article 8 de la CEDH
“La condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
Eu égard à son objet et à ses effets, une décision prononçant l’expulsion d’un étranger du territoire français porte, en principe, par elle-même atteinte, de manière grave et immédiate, à la situation de la personne qu’elle vise et crée, dès lors, une situation d’urgence justifiant que soit prononcée, le cas échéant, la suspension de cette décision.
En l’espèce, M., qui se prévaut de ses liens effectifs et constants en France avec ses enfants, d’une intensité particulière, qui a été présent sur le territoire français depuis l’âge de trois ans et qui y exerce son activité professionnelle et justifie à la fois subvenir aux besoins de ses enfants et être impliqué dans le suivi médical de deux d’entre eux, bénéficie d’une présomption d’urgence pour demander la suspension de l’exécution de la mesure d’expulsion dont il fait l’objet.
Dès lors, la condition d’urgence prévue à l’article L. 521–1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne l’existence d’un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté :
En l’état de l’instruction, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué en tant que celui-ci prononce à l’encontre de M. une mesure d’expulsion” (JRTA BESANCON du 31 08 2026)
