Refus de séjour portant obligation de quitter le territoire _ Annulation pour défaut de saisine de la Commission du titre de séjour _ Présence depuis 10 ans et examen d’office, par l’administration, d’un éventuel droit au séjour à titre exceptionnel (article L 435 — 1 du CESEDA)
« Pour justifier de sa durée de présence en France, Mme a produit de nombreuses attestations et pièces administratives telles que les titres et récépissés de séjour de 2016 à 2024. Ainsi, une attestation du directeur de l’institut supérieur des beaux-arts en date du 8 avril 2025 indique qu’elle a été inscrite à cet institut durant les années universitaires de 2013 à 2020. Plusieurs attestations en date des 12 juin 2014, 26 juin 2016, 23 octobre 2019, 18 juin 2020, 21 mars 2024 font état de son investissement durant cette inscription qui s’est soldé en 2020 par la délivrance du diplôme national supérieur d’expression plastique conférant le grade de master. En outre, les certificats de travail versés au dossier en date des 16 août 2017, 25 octobre 2020, 16 février 2022, 7, 8 et 9 avril 2025 attestent notamment d’un emploi au sein de la ville de Besançon lors des années 2014, 2015, 2016, et 2017, en qualité de vendeuse caisse pour l’année 2020 par la société Besançon diffusion et pour les années 2019 à 2022 par la société Casino France et en tant qu’opérateur en maroquinerie pour l’année 2024. Dans ces conditions, la requérante doit être regardée comme justifiant résider habituellement en France depuis plus de dix ans. En outre, si Mme n’a pas présenté de demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l’article L. 435–1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes mêmes de la décision attaquée, que le préfet a examiné d’office si l’intéressée était susceptible de se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions. Dans ces conditions, Mme est fondée à soutenir que le préfet du Doubs, en ne saisissant pas au préalable la commission du titre de séjour pour avis, a entaché son arrêté d’un vice de procédure, qui l’a privée d’une garantie. Par suite, ce moyen est fondé et doit être accueilli (…) » (TA Besançon 2500870 du 25 juillet 2025)